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Un outil opérationnel pour concevoir et mettre en oeuvre vos projets d’aménagement durable

L’outil indispensable pour créer un écoquartier. Le contexte de l’aménagement urbain a fortement évolué sous l’impulsion des lois Grenelle de l’environnement et des services de l’État, qui ont favorisé l’essor de projets urbains intégrant le développement durable à l’échelle du quartier.

Les auteurs, économistes et experts des questions de développement durable, ont conçu le référentiel lNDI (lndicator’s Impact), outil structuré et directement utilisable pour la conception, la mise en oeuvre, le suivi et l’évaluation des projets d’écoquartier. Concevoir et évaluer un projet d’écoquartier présente la dernière version d’INDI (2012) et en donne un mode d’emploi : – il expose la terminologie, les outils existants, les actions et les engagements de l’État ; – il explicite la structure et les objectifs du référentiel, élaboré à partir des pratiques et méthodes de travail des professionnels de l’aménagement ; – il précise les 4 enjeux d’un projet d’écoquartier, ainsi que les 20 thèmes du référentiel ; – il détaille chacun des 127 indicateurs sous forme de fiches synthétiques avec leurs méthodes de mesure, leurs valeurs objectifs et seuils, leur système de pondération, leurs échelles de notation, etc. Concevoir et évaluer un projet d’écoquartier souligne également la compatibilité et la complémentarité du référentiel INDI avec la grille EcoQuartier 2001 du MEDDTL comme avec d’autres référentiels, y compris étrangers. Enfin, il présente des utilisations d’INDI pour des aménageurs (écoquartier de La Courrouze à Rennes) et des associations d’habitants (ZAC de l’Union à Roubaix).

Véritable boîte à outils d’aide à la décision, cet ouvrage s’adresse aux maîtres d’ouvrage et aménageurs, aux collectivités et à leurs partenaires, et plus largement à tous les professionnels de l’aménagement impliqués dans la conception et la mise en oeuvre de projets prenant en compte localement les enjeux du développement durable. Un CD-Rom joint à l’ouvrage offre une application, au format Excel, permettant d’utiliser facilement le référentiel lNDI pour tout type de projet d’aménagement et de renouvellement urbain.

SOMMAIRE
Le référentiel INDI
Pourquoi un référentiel écoquartier ?
Contexte de l’aménagement urbain – Différentes définitions du développement durable – Qu’est-ce qu’une ville durable ? – Développement urbain durable, urbanisme durable et aménagement durable – Qu’est-ce qu’un projet de quartier durable ou d’écoquartier ? – Les projets et actions de l’État – Qu’est-ce qu’un référentiel écoquartier ? – Les référentiels écoquartiers existants – Pourquoi un référentiel écoquartier ?
Objectifs, structure et mode d’emploi d’INDI
Rappel des origines et des objectifs d’INDI – Un outil pour une démarche-projet à l’échelle du quartier – Un outil tenant compte des pratiques et des objectifs des acteurs locaux comme du contexte local – Un système pour une évaluation partagée au regard du développement durable qui favorise la co-production de projet – Une structure intégrant les grands enjeux de la planète et de l’État – Une vision dynamique du quartier : la prise en compte du temps – Un outil simple à utiliser, ponctuellement ou en continu, par différents types d’acteur – Un outil utilisable par opération – Un outil systémique permettant des approches transversales – Saisie et présentation des résultats – Un outil de dialogue et de communication complémentaire de la grille EcoQuartier du MEDDTL de 2011 – L’intérêt d’INDI
Les enjeux d’un projet d’écoquartier
Enjeu 1 – Prendre en compte localement les grands enjeux globaux
Enjeu 1.1 / La lutte contre le changement climatique et l’effet de serre, la préservation des ressources énergétiques – Enjeu 1.2 / La préservation des ressources naturelles : espace, biodiversité, eau, matériaux – Enjeu 1.3 / La lutte contre la pauvreté et l’exclusion à l’échelle du territoire
Enjeu 2 – Répondre de façon cohérente aux enjeux locaux
Enjeu 3 – Contribuer à la durabilité de la ville
Enjeu 4 – Une nouvelle gouvernance
Les indicateurs INDI
Les fiches d’indicateurs INDI de l’enjeu 1 – Prendre en compte localement les grands enjeux globaux
Les fiches d’indicateurs INDI de l’enjeu 2 – Répondre de façon cohérente aux enjeux locaux 
Les fiches d’indicateurs INDI de l’enjeu 3 – Contribuer à la durabilité de la ville 
Les fiches d’indicateurs INDI de l’enjeu 4 – Une nouvelle gouvernance 
Exemples d’utilisation d’INDI et de ses indicateurs
De la grille EcoQuartier du MEDDTL à un référentiel EcoQuartier
Rappel sur la grille EcoQuartier 2011 – Remarques sur la grille EcoQuartier 2011 – Comparaison de la grille EcoQuartier 2011 avec INDI – De la grille EcoQuartier à un référentiel EcoQuartier
Exemples d’utilisation d’INDI
Une évaluation ponctuelle dans le cadre d’une stratégie d’amélioration continue : l’écoquartier La Courrouze (Rennes Métropole, 2011) – Une évaluation transversale avec les habitants et usagers
Annexes
Prise en compte par INDI des objectifs de l’état
Défis de la SNDD – Lois issues du Grenelle de l’environnement – Plan Restaurer et valoriser la nature en ville – Plan national santé environnement – Les thèmes de développement durable de l’ANRU – Le référentiel Agenda 21
Adéquation et complémentarité d’INDI avec d’autres grilles et référentiels
Le référentiel de la CPA d’Aix (structuré comme la Charte Écoquartier des Éco-Maires) – La Charte des écoquartiers de LMCU – Le référentiel « Pour un aménagement durable de Paris » – Le référentiel aménagement construction durable de la Région Île-de-France – Des référentiels utilisés à l’étranger
Objectifs d’une ville européenne durable selon le RFSC

Biographie des auteurs

Catherine Charlot-Valdieu, économiste, a été en charge du développement urbain durable au CSTB et y a notamment coordonné le projet européen HQE’R sur la transformation durable des quartiers. Elle est aujourd’hui responsable de l’association Suden pour la promotion du développement urbain durable.

Philippe Outrequin, docteur en économie de l’Université Paris I (thèse sur les économies d’énergie), a travaillé au Ceren et au CNRS. Expert en énergie et sur le développement urbain durable, il a créé la société de conseil La Calade en 1998.

Définition

Ces termes de quartier durable et surtout d’écoquartier sont de plus en plus utilisés aujourd’hui bien qu’aucune définition officielle n’existe à ce jour, même après le Grenelle de l’Environnement qui a fait de la généralisation des éco-quartiers l’orientation majeure en matière d’urbanisme (au moins un éco-quartier par ville de plus de 100 000 habitants d’ici 2012).

Cette échelle de territoire qui n’intéressait personne en France à la fin des années 90 fait aujourd’hui l’objet de toutes les attentions.

Catherine Charlot-Valdieu et Philippe Outrequin travaillent sur l’intégration du développement durable à l’échelle du quartier depuis 1997 et ont rédigé Ecoquartier mode d’emploi en 2009 (Edition Eyrolles).

Après avoir proposé un cadre méthodologique pour mettre en œuvre des démarches de développement durable aux différentes échelles de territoire (du bâtiment jusqu’à celle de la ville) et dressé un panorama thématique des bonnes pratiques : gestion du sol, aménagement des espaces publics, gestion de l’eau et des déchets, énergie, déplacements, etc., qui sont essentielles à la conception d’un écoquartier dans L’Urbanisme durable : concevoir un écoquartier (ouvrage paru début 2009 aux Editions du Moniteur, cf. fichier Urb_durable_sommaire), les auteurs abordent dans cet ouvrage (Ecoquartier mode d’emploi) l’échelle du quartier de manière très opérationnelle et concrète.

Après un bref état de l’art sur les différentes démarches existantes en France, ce livre donne des outils à la fois conceptuels, méthodologiques et opérationnels aux élus et aux professionnels de l’aménagement urbain pour la conception et la mise en œuvre de projets de quartier durable ou d’écoquartier :

  • des définitions ou éléments méthodologiques indispensables à la culture commune qui favorisera la transversalité,
  • des éléments concrets facilitant la rédaction des cahiers des charges performanciels indispensables à (l’amélioration de) la qualité de vie dans ces quartiers,
  • une charte de développement durable qui peut servir de base à la charte de tout nouveau projet d’écoquartier,
  • des méthodes et des outils d’évaluation des projets et des quartiers et notamment des indicateurs comme préconisé lors du Grenelle de l’Environnement.

Cette approche pragmatique a pour objectif d’aider tous ceux qui ont la volonté de mettre en œuvre une démarche de développement durable dans un projet d’écoquartier à passer des bonnes pratiques thématiques (notamment environnementales) à de véritables stratégies territoriales et patrimoniales et à contribuer ainsi à la durabilité de la ville.

Rappelons que le quartier est défini dans la démarche HQE2R

Un projet de quartier durable ou d’écoquartier se caractérise par la mise en œuvre d’une démarche projet visant à répondre – à son échelle – aux enjeux globaux de la planète, aux enjeux locaux afin d’améliorer la qualité de vie de ses habitants et usagers, et de contribuer à la durabilité de la ville.

Cette démarche projet doit être l’expression d’une volonté politique et doit se caractériser par une nouvelle façon de penser et d’agir qui se manifeste par:

1/ une approche « systémique » :

  • raisonnant en cycle : cycle de l’eau, cycle de l’énergie et cycle des matériaux ;
  • raisonnant en écosystème : gestion des déchets, gestion des flux ;
  • et centrée sur la cohérence économique, ce qui a aussi à voir avec la faisabilité économique des projets.

2/ une démarche qui associe le sensible (architecture) et l’ingénierie technique et économique (performance et évaluation) ;

3/ la prise en compte du long terme : économie de ressources naturelles, investissements évités (réseaux), prévention et lutte contre le changement climatique ;

4/ une nouvelle gouvernance :

  • la participation des différents acteurs et particulièrement des habitants citoyens ;
  • des partenariats multiples (public-privé, entreprises-clients, etc.) et de nouvelles règles de marché (Partenariat public-privé, dialogue compétitif, etc.) ;
  • une nouvelle culture urbaine, pluridisciplinaire et transversale.

On remarquera que les piliers du développement durable ne structurent pas cette définition (contrairement aux définitions et référentiels traditionnels) mais ils sont utilisés pour l’analyse de chacun des thèmes. (En effet, pratiquant cette référence aux piliers depuis 1998 dans nos analyses de territoire pour différentes collectivités en France, nous en sommes arrivés à la conclusion que commencer par cette approche par pilier n’est pas opérationnel.)

Il nous semble plus que nécessaire de redéfinir le développement durable non pas comme le croisement très limité de trois cercles ou piliers (environnement, économie, social ou sociétal), voire quatre avec la culture, ce que font encore la plupart des acteurs du développement durable, mais comme une démarche transversale, participative, cohérente et prospective.

Le processus d’élaboration d’un projet de quartier durable

Une démarche transversale et participative

Une organisation du projet structurée :

  • Une maîtrise d’ouvrage forte s’appuyant sur un fort engagement politique : la transversalité et la prise en compte  du long terme ne vont pas de soi
  • Un comité technique élargi d’un double point de vue :
    • Compétences techniques : services techniques de l’environnement, des réseaux, de l’urbanisme, de l’économie, de l’emploi, du social…
    • Disciplines : architecte, urbaniste, paysagiste, sociologue mais aussi économiste, philosophe… « Les architectes ou architectes urbanistes ne peuvent plus (ou ne devraient plus…) faire la ville seuls” (François Ascher)
  • Une ingénierie renforcée avec une AMO DD

Une nouvelle méthode de gouvernance fondée sur des principes :

  • Prospective : anticiper les évolutions futures, partager une vision prospective et dynamique du quartier avec les différents acteurs : s’inscrire dans la durée (Vancouver 2100 !!)
  • Concertation : art de trouver des compromis entre les parties
  • Partenariats : associer en amont les partenaires économiques et sociaux … mais dans le cadre de règles bien établies
  • Formalisation du dispositif afin de s’assurer de l’engagement des acteurs dans la durée: charte de DD du projet de quartier

Une démarche cohérente

  • Cohérence avec les documents d’urbanisme et/ou les documents de planification du territoire (masterplan)
  • Modification  éventuelle du  masterplan pour permettre les choix d’urbanisme du projet de quartier durable : déplacement d’une autoroute à Utrecht, d’une voirie à Pesaro, plus grande permissivité pour les équipements énergétiques (solaire, éolien…) à Mestre, Barcelone…
  • La maîtrise du foncier : un élément indispensable pour la cohérence du projet

Une démarche prospective

Anticiper l’évolution des besoins futurs :

  • Réduire les déplacements contraints en voiture : modifier les espaces actuellement dédiés aux voitures (aires de stationnement, voiries)
  • Vieillissement de la population : adapter les logements et les structures pour permettre le maintien dans le quartier des personnes tout en évitant la sous-occupation
  • Changement d’usages des bâtiments : logement – services – activité… du fait du contexte économique
  • Anticiper le changement climatique è principes constructifs et aménagement des espaces permettant la réversibilité et l’adaptabilité
  • Penser le projet urbain par rapport à l’évolution à long terme de la ville ou du territoire è perméabilité des territoires, lieux d’échanges

Capitaliser les résultats pour les futurs projets urbains :

  • Eviter les opérations vitrines non reproductibles (villes)
  • Mettre en place des outils d’alerte afin de réagir aux évolutions des contextes économique, social ou environnemental (principe de résilience) : rôle de l’AMO DD et de l’évaluation en continu

Source : Catherine Charlot-Valdieu et Philippe Outrequin

Le développement durable est donc avant tout une démarche : il ne s’agit pas de définir un ensemble de bonnes pratiques sur l’énergie, l’eau, la nature… mais de trouver les meilleurs compromis possibles à un moment donné de l’histoire d’un territoire et de ses hommes en jouant sur l’ensemble des paramètres économiques, sociaux et environnementaux. Il faut effectivement penser globalement et aborder les thématiques du changement climatique, de la préservation de la biodiversité… mais penser aussi localement aux habitants du territoire, au maintien de l’équité sociale, de leur qualité de vie…

Ecoquartier / quartier durable

Un éco-quartier est un quartier conçu (ou renouvelé) avec une démarche environnementale, laquelle porte notamment sur le paysage ou « la végétalisation des quartiers » et la qualité environnementale des bâtiments.

Ceci est donc différent d’un quartier durable, conçu et mis en œuvre grâce à une démarche-projet de développement durable.

La confusion est relativement importante et fréquente, mais, à la suite des orientations données par Jean-Louis Borloo, ministre d’État et du Meeddat, le terme « écoquartier » l’a emporté et il est utilisé aujourd’hui en France indifféremment pour les deux types de projet.

Le compte rendu de la réunion thématique Éco-quartier du Comité Opérationnel (Comop) Urbanisme du Grenelle de l’Environnement stipule que « l’écoquartier est un quartier durable englobant des notions environnementales, sociales et économiques » !

Dans la mesure où, d’une part, l’Etat n’a défini ni l’écoquartier ni des objectifs pour les projets d’écoquartier et où, d’autre part, la dimension environnementale suffit à justifier l’appellation d’écoquartier, le risque est que tout nouveau projet d’aménagement soit baptisé écoquartier – et en particulier les projets localisés dans des terrains difficiles à mettre en valeur (sols pollués, proximité d’infrastructures bruyantes, etc.) – y compris les projets de quelques dizaines de logements.

Lorsqu’ils s’engagent dans la création d’un écoquartier, les décideurs politiques doivent s’attacher à définir une démarche projet d’aménagement d’un morceau de ville structurée par trois obligations:

  • répondre aux enjeux majeurs de la planète : effet de serre, épuisement des ressources naturelles, préservation de la biodiversité ;
  • répondre aux enjeux locauxde la commune ou de l’agglomération :
    • en termes d’emploi et d’activités, de mixités, d’équité sociale ;
    • en participant au besoin d’attractivité des villes : mobilité, culture, etc.
    • et répondre aux attentes des habitants et des usagers et améliorer leur qualité de vie : réduction des nuisances, qualité globale (environnementale mais aussi architecturale, d’usage, etc.) des bâtiments et des espaces publics, synergie territoriale, synergie thématique (eau par exemple), etc. ;
  • contribuer à la durabilité de la commune ou de l’agglomération : stratégie d’amélioration continue, reproductibilité ou transférabilité, etc.

Nous proposons donc la définition suivante pour un projet de quartier durable (ou d’écoquartier) :

Un projet de quartier durable (ou d’écoquartier) se caractérise par la mise en œuvre d’une démarche projet visant à répondre – à son échelle – aux enjeux globaux de la planète, aux enjeux locaux afin d’améliorer la qualité de vie de ses habitants et usagers, et de contribuer à la durabilité de la ville.

Les phases d’un projet d’écoquartier

On distingue différentes phases dans un projet d’écoquartier, et des outils spécifiques sont nécessaires pour chacune d’elles :

  • la phase de conception avec le diagnostic partagé de développement durable (voir la démarche HQE2R et sa méthode de diagnostic HQDIL dans la rubrique Démarches et projets) et les études amont (comme l’étude d’approvisionnement énergétique par exemple), à l’issue de laquelle sont définis les grandes orientations et les objectifs qui vont structurer le projet, pour chacune des trois échelles, c’est-à-dire à la fois au regard des enjeux globaux, des enjeux locaux et de la durabilité ; la rédaction de la charte de développement durable, la définition du processus d’évaluation et enfin la définition de la procédure et des modalités de la participation ou concertation avec les différents acteurs sont aussi à finaliser dans cette phase;
  • la phase de programmation avec la définition du préprogramme et la rédaction du cahier des charges du projet dans son ensemble puis le montage opérationnel et financier;
  • la phase de réalisation ou de mise en œuvre par le maître d’œuvre avec la rédaction des cahiers des charges des différentes opérations (ainsi que leur processus d’évaluation) ;
  • la phase de gestion avec le suivi et l’évaluation des opérations et du projet dans son ensemble.

Téléchargez différents fichiers dont : HQE2R synthèse et liste publications HQE2R

Les projets d’écoquartier en Europe

De nombreuses villes européennes ont profité des subventions européennes pour leurs projets de quartier, ceux-ci devenant parfois des vitrines.

Ces projets de quartier ont fait l’objet de nombreuses analyses (comme la nôtre : Analyse de projets de quartier durable en Europe, et synthese aménagement durable). Il s’agit cependant souvent de monographies ou de rapports de stage et d’autres verront encore le jour.

Il ne s’agit pas de copier ce qui a été fait avec les subventions de l’Europe mais de mettre en œuvre des démarches de développement durable adaptées au contexte local, aux objectifs locaux (issus des diagnostics partagés de développement durable du territoire).

Voir nos publications :

Charte de développement durable

Nous soulignons dans le ligne Ecoquartier mode d’emploi (Edition Eyrolles, 2009) l’importance des cahiers des charges : riches et clairs, ils expriment la stratégie élaborée et les objectifs fixés pour le projet ainsi que la procédure d’évaluation.

Les collectivités peuvent avoir recours à un AMO Développement Durable pour les premiers documents (chartes, cahiers des charges et contrats de cession notamment) qu’ils élaborent, tant à l’échelle du projet (quartier) que de ses différentes opérations (bâtiments neufs, réhabilitations, aménagement d’espace public).

Enfin les chartes de développement durable, les chartes cadre à l’échelle de la ville ou de l’agglomération (comme la Charte de Lille Métropole) et les chartes spécifiques à un quartier facilitent à la fois la rédaction des cahiers des charges et des contrats de cession ainsi que le partage des objectifs du projet pour le quartier (notamment via le renforcement de la culture commune).

L’ouvrage Ecoquartier mode d’emploi propose une charte de développement durable pour un quartier structurée en fonction de la définition du projet de quartier durable évoquée ci-dessus. Pour chacun de ces thèmes des objectifs et des indicateurs (avec des seuils de performance) sont proposés.

Structure de la charte de développement durable
pour un projet d’écoquartier ou de quartier durable

1. Prendre en compte localement les grands enjeux globaux
1.1. Changement climatique et lutte contre l’effet de serre
- Conception du projet,
- Bâtiments,
- Aménagements,
- Déplacements.
1.2. Préservation des ressources
- Gestion durable de l’espace,
- Gestion durable de la biodiversité,
- Gestion durable de l’eau,
- Gestion durable des matériaux et des ressources naturelles.
1.3. Lutte contre la pauvreté et l’exclusion
2. Répondre de façon cohérente aux enjeux locaux
Réponse aux attentes en termes de qualité de la vie :
2.1.- Densité et qualité de vie,
2.2. – Accessibilité aux services et équipements,
2.3. – Qualité des logements et des espaces privés,
2.3. – Qualité des espaces publics,
2.4. – Réduction des nuisances.
3. Contribuer à la durabilité de la ville
3.1. Participation à l’effort collectif, intégration du quartier dans la ville
3.2. Mixité fonctionnelle et réduction des besoins de déplacements
3.3. Solidarité et politique de mixités
3.4. Éducation, formation
4. Principes pour concevoir un écoquartier
4.1. Une nouvelle façon de penser et d’agir
4.2. Une stratégie politique
4.3. Une nouvelle gouvernance
4.4. L’évaluation comme outil de réussite

Indicateurs à l’échelle du quartier

Un référentiel écoquartier ou quartier durable comprend des indicateurs. Ceux-ci sont à la fois qualitatifs (appelés alors critères dans le label EcoQuartier du METL) et quantitatifs.

Comme dans la démarche HQE2R (voir la rubrique Démarches et projets sur le site de SUDEN), il s’agit de définir des indicateurs pour l’échelle du quartier :

  • Des indicateurs quantitatifs doivent être définis pour chacun des objectifs retenus pour le projet à l’issue du diagnostic. Le moment de leur évaluation ou mesure et la méthode de mesure (thermographie infrarouge par exemple) doivent être précisés.
    Un tableau de bord peut également être élaboré (suivi des factures pour l’eau ou l’énergie par exemple).
  • Des indicateurs qualitatifs (comme les indicateurs de satisfaction par exemple) complètent l’analyse.

Téléchargez INDI-RU.2005

Le référentiel écoquartier INDI (outil de la démarche HQE2R) élaboré en 2001 comprend de nombreux indicateurs. Le millésime 2012 de ce référentiel INDI est offert sur un cédérom avec l’ouvrage édité par Le Moniteur Concevoir et évaluer un projet d’écoquartier (2012, 470 pages)

Evaluation

L’évaluation et le suivi sont obligatoires dans une démarche de développement durable. Le processus d’évaluation doit être défini en amont du projet afin de contribuer à la décision et au suivi de chacune des phases du projet.

Par ailleurs, en période de crise économique, il est important d’élaborer des outils d’évaluation et de ne pas se focaliser uniquement sur l’environnement (en mesurant les impacts sociaux et économiques des solutions environnementales retenues) comme ceci est fait (voire même parfois préconisé) aujourd’hui en France. Il s’agit d’aborder en même temps les trois piliers du développement durable, de se doter de nouveaux outils d’analyse, de financement, d’évaluation (analyse coût/efficacité notamment), de nouvelles méthodes de travail.
Les collectivités (et a fortiori les petites communes) peuvent avoir recours pour ce faire à un assistant à maîtrise d’ouvrage (AMO) Développement Durable.

Voir l’évaluation des projets envisagés pour le quartier Barton Hill de Bristol avec le modèle INDI de la démarche HQE2R  dans Intégration du développement durable dans les projets d’aménagement et de renouvellement urbain, sous la direction de Catherine Charlot-Valdieu et Philippe Outrequin, Edition La Calade, 2004 (10 €)

Voir l’évaluation de l’écoquartier La Courrouze (lauréat de l’appel à projets EcoQuartier 2011) et l’évaluation de la plus value générée par la participation habitante dans le programme de la ZAC de L’Union (lauréat de l’appel à projets EcoQuartier 2011) dans Concevoir et évaluer un projet d’écoquartier (Le Moniteur, 2012).

Voir enfin :

Téléchargez également:

  • le profil des quartiers obtenus avec le modèle INDI de la démarche HQE2R (le modèle INDI pouvant compléter l’analyse effectuée avec la méthode HQDIL de diagnostic du quartier) : HQE2R_HQDIL et INDI , le fichier amenagement durable et le fichier Aménagement durable).
  • le fichier sur le modèle INDI : INDI-version2005
  • l’évaluation effectuée par La Calade pour l’écoquartier Baudens de Bourges. Il s’agit de l’évaluation des 3 projets proposés par les équipes présélectionnées: Evaluation-projets-ecoquartier-Bourges
  • le fichier sur la méthode d’évaluation des projets de réhabilitation (méthode RECOBAT pour une réhabilitation cohérente des bâtiments : fichier RECOBAT synthese).

Le référentiel INDI millésime 2012 dans Concevoir et évaluer un projet d’écoquartier (Le Moniteur, 2012).

Les outils d’analyse en coût global dans Coût global des bâtiments et projets d’aménagement. Mode d’emploi, Edition Le Moniteur, 300 pages, 2013 (avec un lien vers le fichier avec la couverture de l’ouvrage)

Le projet de référentiel du MEEDDAT

Le MEEDDAT (ou Meeddem depuis juin 2009) décrit le quartier durable comme « une mutation », dans « une période charnière », vers une nouvelle efficience environnementale et vers une croissance dans laquelle extension urbaine et bien-être social sont appréhendés comme un tout cohérent.

« La démarche de quartiers durables embrasse toutes les thématiques du développement durable : cadre de vie (paysage, mobilité, espace public, accessibilité, etc.) environnement (biodiversité, énergie, eau, déchets, émissions de gaz à effet de serre, etc.) social et culturel (mixité sociale, diversité fonctionnelle et générationnelle, loisirs, etc.) économie (création d’activités et d’emplois, maîtrise foncière, coût global, etc.). »

Le Certu doit élaborer un référentiel pour les EcoQuartiers ; celui-ci semble s’appuyer sur les documents élaborés jusqu’à aujourd’hui par le réseau scientifique et technique du ministère (méthode RST 01 puis 02) et donc sur les 3 piliers du développement durable.

En effet, sa définition d’un EcoQuartier est « la prise en compte des quatre piliers du développement durable ainsi que des interfaces afin de ne pas avoir un empilement de préoccupations environnementales, économiques et sociales» (et la grille d’évaluation du concours EcoQuartier a été structurée sur les piliers du développement durable).

Après la grille environnementale de 2009, une nouvelle grille EcoQuartier a vu le jour en 2011. Celle-ci est structurée en 20 ambitions et 80 indicateurs. Puis, en 2013, un label EcoQuartier a été créé : celui-ci comprend 10 critères ou indicateurs qualitatifs (dont l’analyse en coût global par exemple, sans préciser s’il s’agit de l’analyse des opérations de bâtiment ou du projet dans son ensemble) et 10 indicateurs quantitatifs. (Voir le site du ministère www.ecoquartiers.developpement-durable.gouv )

Bibliographie